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dimanche 7 avril 2013

Ô longs désirs, ô espérances vaines (Louise LABÉ)

                       III
O longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
A engendrer de moi maintes rivières, 
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines :
                        -
O cruautés, ô duretés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières :
Du cœur transi ô passions premières,
Estimez vous croître encore mes peines ?
                        -
Qu'encore Amour sur moi son arc essaie,
Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards :
Qu'il se dépite, et pis qu'il pourra fasse :
                        -
Car je suis tant navrée en toutes parts
Que plus en moi une nouvelle plaie
Pour m'empirer ne pourrait trouver place.
Louise LABÉ (1524-1566) Pour « piteux », comprendre compassion, compassion des célestes lumières serait les yeux de l'amant comparé à la lumière des deux étoiles. « Qu'il se dépite et pis qu'il pourra fasse », se traduirait par : « Qu'il se fâche et fasse le pire qu'il pourra ». Navrée : blessée. Je me suis permis de moderniser l'orthographe et la grammaire, mais pas les mots.

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