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dimanche 21 janvier 2018

La solitude est un cercueil de verre (Ray Bradbury)

J'extrais ce passage d'une sorte de polar, écrit par Ray Bradbury, mettant aux prises le héros, un écrivain, et un policier... un peu trop cultivé. Justement... tous dérapent, chaque personnage tient tant à sa personne, que personne ne se conforme au costume qu'il est censé enfiler jusqu'à la caricature. Au contraire, l'humain déborde de partout et les rôles bougent, une vision libre de l'homme et avec humour en plus. Mais de quoi parle-t-on ? D'une enquête sur un meurtre ou de l'écriture ? C'est le flic, Crumley, qui commence :
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 — Vous savez à quoi vous me faites penser, fils ? À cette bande d'abrutis qui se traînaient derrière Alexander Pope en brandissant leurs poèmes, leurs romans, leurs essais et en demandant des conseils jusqu'à ce que Pope se mette en rogne et rédige son Essai sur la critique.
 — Vous connaissez Alexander Pope ?
Crumley poussa un soupir blessé, jeta sa cigarette par terre et l'écrasa du pied. [...]
 — ... Ouais Pope, nom de Dieu ! Je le lisais sous les draps, tard dans la nuit pour pas que les copains me prennent pour un pédé.
 — Je voulais dire...
 — Je sais ce que vous voulez dire, fit Crumley patiemment. Vous êtes tombé sur un truc intéressant, du moins c'est ce que vous croyez. Et ça vous met dans tous vos états. Vous mourez d'envie de remonter dans ce gros tram rouge et de refaire le trajet un de ces soirs pour attraper cet ivrogne et le ramener par la peau des fesses [...] Alors, tout de suite, vous avez les ongles pleins de sang à force de taper sur votre machine à écrire et le truc sort bien comme dit Hemingway, et votre intuition développe ses longues antennes toujours aussi sensibles. Ajoutez à ça du jarret de porc, et ça ne me fera toujours pas une choucroute.
 Il commença à s'éloigner en contournant le capot de sa voiture, répétition du désastre de la veille.
 — Oh que non! hurlai-je. Vous n'allez pas recommencer ! Vous savez ce que vous êtes ? Vous êtes jaloux !
 La tête de Crumley faillit lui tomber des épaules :
 — Je suis quoi ?
 Je vis presque ses doigts se tendre vers un revolver qui n'était pas là.
 — Et, et, et..., je pataugeai. Vous,... Vous n'y arriverez jamais !
 Mon insolence l'ébranla. Il tourna la tête pour me regarder par-dessus le toit de la voiture.
 — Arriver à quoi ?
 — Quoi que vous cherchiez à faire, vous... n'y... arriverez... pas.
 [... ]
 — À moins que vous n'appreniez... dis-je sans conviction, et en sentant une couleur vive me monter aux joues, à... euh... écouter vos tripes et pas votre tête.
 — Le Conseil philosophique de Norman Rockwell à l'Intention des Limiers égarés.
[ et là, le romancier a capté le policier et trouvé sa faille ] :

 — Simplement, dis-je avec lenteur, j'ai appris il y a des années que, plus je réfléchissais, plus mon travail était mauvais. Tout le monde croit qu'on doit se balader en pensant tout le temps. non, moi je me balade en sentant les choses et je les couche par écrit et, à la fin de la journée, j'y réfléchis. La réflexion vient ensuite »
C'est presque une définition de l'écrivain. 
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La Solitude est un cercueil de verre est un grand roman, qui parle plutôt de la solitude, mais pas comme d'une plaie, ou d'une douleur, juste comme une condition du quotidien, la solitude d'être ce que l'on est et de ne pouvoir le partager avec personne parce qu'on est ce que l'on est et pas autrement. Pas de souffrance, pas de plainte, juste marcher, aller de l'avant et savoir que si vous vous intéressez aux autres, la réciproque ne l'est pas, et que c'est une excellente occasion pour regarder, observer et raconter les gens. Et de décrire une galerie de solitaires et de solitudes toutes plus différentes les unes que les autres, et aucune n'est réellement malheureuse, parfois douloureuse, mais pas de malheur, sauf pour un... Le meurtrier ! 
Sourire plein d'ironie de l'immense Ray Bradbury. Alors, vous savez ce qui vous reste à faire ?

dimanche 14 janvier 2018

Matin frisquet

Un peu fatigué pour publier un poème, mais je peux vous offrir un beau lever de soleil bien frileux... sur une Loire remplie à ras-bord.
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lundi 1 janvier 2018

Bonne année 2018 !

                   Hein ?
                  Non, on dira rien de celle qui s'en va...
                 C'tait eune vilaine, eune meinteuse
                Eune bredouilleuse, eune tousseuse,
                Eune diseuse de calembredaines
               Et on va se la souhaiter bonne, 
              Celle qui vient, celle qui vous sourit, oui,
             Ne vous laissez pas embourber
            Ne vous laissez pas enfumer
           Ne vous laissez pas enfiévrer,
           Pas tousser, pas moucher, 
          Pas d'asthme, juste respirer !
         Ne serait-ce que pour changer,
        Faites ce que vous aimez ! 
       Ce que vous désirez !
      Juste suivre votre chemin,
     Celui qui vous appartient et
    Que nul autre que vous
   Ne peut arpenter !
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                                 BONNE ANNÉE 2018 !
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dimanche 31 décembre 2017

Le Pitre (Verlaine)

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Le tréteau qu'un orchestre emphatique secoue
Grince sous les grands pieds du maigre baladin
Qui harangue, non sans finesse et sans dédain,
Les badauds piétinant devant lui dans la boue.
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Le plâtre de son front et le fard de sa joue
Font merveille. Il pérore et se tait tout soudain,
Reçoit des coups de pieds au derrière, badin,
Baise au cou sa commère énorme, et fait la roue.
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Ses boniments, de cœur et d'âme, approuvons-les.
Son court pourpoint de toile à fleurs et ses mollets
Tournants jusqu'à l'abus valent que l'on s'arrête.
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Mais ce qu'il sied à tous d'admirer, c'est surtout
Cette perruque d'où se dresse sur la tête,
Preste, une queue avec un papillon au bout.
               .

Ce n'est pas le plus connu de Verlaine, mais c'est un sonnet qui en vaut la peine. Il sort tout droit d'un recueil trouvé au seuil d'un brocante ou d'un marché aux livres et sur un ultime pirouette, termine l'année avec un sourire...
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dimanche 24 décembre 2017

Señora Doña Maria (Noël Chilien)

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SEÑORA DOÑA MARIA
1.
Señora doña Maria,                      Madame Sainte-Marie
Yovengo del otro lado,  J'arrive de l'autre côté
Yalniño Jesus le traigo  Et j'apporte à l'enfant Jésus
Zapatito colorado  Une petite chaussure rouge
2.
Enel portal de Belèn,  À la porte de Bethléem
Hay un nido de ratones,  Il y a un nid de rats
Yal patriarca san José  Qui ont mangé les pantalons
Le han comido los calzones  Du patriarche Saint-Joseph
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(je crois que la traduction est approximative) et le refrain c'était "Bom bom bom" que je vous laisse traduire de la meilleure manière.
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 J'ai chanté, en chorale, de 1977 à 1979 et ce fut une expérience pour moi très enthousiasmante. Plus tard, j'ai intégré la Cantarelle à Saint-Jean de Braye, peu après mon arrivée à Orléans, et j'ai chanté de 2003 à 2012.
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 Tous les ans, la chorale chantait des chants de Noël, des mélodies faciles à retenir, brèves, joyeuses, j'adorais les Noëls allemands. Les chorales que je reproduis ici ne chantent pas le chant que j'ai chanté, mais je me souviens des paroles, et de la fraîcheur du ton, on parle de pauvreté, de gens qui ont peu et qui le chantent gaiement... 
Je n'ai pas retrouvé le chant, très simple, que nous chantions, mais ce sont des bons exemples du plaisir à chanter en polyphonie.

Joyeux Noël à tous ! Et pensez à chanter.
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jeudi 21 décembre 2017

Falcon Heavy en vitrine de Noël

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C'est une Arlésienne de Floride, dont on entend des nouvelles, le plus souvent par Tweet, sans la voir, et voici un tweet qui nous parle !
. Il s'agit de la version lourde de la fusée FALCON 9, dite Falcon Heavy
. haute de 70 mètres, 
. assemblage de 3 Falcon 9, 27 moteurs Merlin synchrones !
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Elle a une capacité d'emporter 64 tonnes en orbite basse, 26,7 tonnes en orbite géostationnaire et 16 tonnes pour un voyage vers Mars.
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Son premier lancement était conditionné par la remise en état d'un pas de tir à Cap Canaveral, il s'agit de la plus grosse fusée depuis les mythiques SATURN 5 qui emmenèrent des hommes vers la Lune. Comme toutes les falcon 9, la Falcon Heayv est conçue de manière à récupérer le premier étage.
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En théorie, le premier essai est programmé pour janvier 2018.
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dimanche 17 décembre 2017

TOMBEZ, FEUILLES, TOMBEZ (Emily Jane Brontë)

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     Tombez, feuilles, tombez ; et vous, fleurs, périssez !
     Que s'allonge la nuit, que s'abrège le jour !
     Toute feuille me parle de félicité
     Qui tournoie, détachée de la branche d'automne.
     Je sourirai lorsque la neige et ses guirlandes
     Fleuriront où devrait encor croître la rose ;
     Je chanterai quand la nuit déclinante
     Sera l'huissier d'un jour plus désolé.
[ Automne 1838 ]
               FALL, LEAVES, FALL,
                    DIE, FLOWERS, AWAY

     Fall, leaves, fall ; die, flowers, away ;
     Lenthen night and shorten day ;
     Every leaf speaks bliss to me,
     Fluttering from the autumn tree.
     I shall smile when wreaths of snow
     Blossom where tne rose shoud grow ;
     I shall sing when night's decay
     Ushers in drearier day.
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Ce blog a déjà visité une première fois l'œuvre d'Emily Jane Brontë, qu'il me soit permis d'y revenir. The poems sont sa première publication, à compte d'auteur, en 1846, deux ans avant « Les Hauts de Hurlevent »...